Méditation

 

méditation de l’été 2018

Culte et Accueil

Si nous célébrons le culte dominical, c’est avant tout pour témoigner avec gratitude de la grâce de Dieu qui nous considère en Jésus-Christ comme ses fils et ses filles bien aimé.e.s. Nous le remercions pour son amour inconditionnel, et en tant que membres de son Eglise, nous sommes appelé.e.s à refléter cet amour dans l’accueil de nos frères et sœurs. Mais qui sont-ils, qui sont-elles ?

Jésus nous parle d’une vision élargie de la famille, qu’il est bon de nous rappeler :

Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. À celui qui venait de lui parler, Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Montrant de la main ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères ; quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, c’est lui mon frère, ma sœur, ma mère. (Matthieu 12, 46 ; 48-50)

Lors du culte, il ne fait aucun doute que chaque membre de l’assemblée qui se déplace pour rendre visible son appartenance au Christ, pour manifester son désir de « faire la volonté de [s]on Père », est un de nos frères et de nos sœurs dont parle Jésus. Or il est parfois difficile d’accueillir notre voisin de banc avec la même attitude d’accueil inconditionnel que celle de notre Seigneur. Nous allons plus facilement rencontrer les personnes que nous connaissons de longue date que celles qui viennent pour la première fois, sans parler de celles qui « ne nous reviennent pas ».

Afin de réaliser l’exhortation de Jésus qui définit la famille comme l’ensemble de ceux et celles qui forment le peuple des enfants de Dieu, je vous propose de méditer cet extrait de Sur les falaises de marbre, roman d’Ernst Jünger dans lequel le narrateur exprime son admiration pour son compagnon, frère Othon, avec des mots qui nous invitent à mettre en œuvre ce regard et cette attitude d’accueil :

Il [frère Othon] avait pour principe de traiter les hommes qui nous approchaient comme autant de rares trouvailles découvertes au fil d’un long voyage. Il aimait aussi nommer les hommes les optimates, signifiant par-là que tous autant qu’ils sont, ils forment l’aristocratie naturelle de ce monde et que chacun d’eux peut nous apporter l’excellent. Il les concevait comme des réceptacles du merveilleux, et, créatures suprêmes, il leur accordait des droits princiers. Et réellement, je voyais tous ceux qui l’approchaient s’épanouir comme des plantes qui s’éveillent du sommeil hivernal, non point qu’ils devinssent meilleurs, mais parce qu’ils devenaient davantage eux-mêmes. (Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre, Paris, Gallimard, 1942, p. 27-28).

Cette dernière phrase ne nous rappelle-t-elle pas que nous sommes appelé.e.s, non pas à juger nos frères et sœurs ou à les rendre meilleurs, mais à les accepter tels qu’ils sont, dans leur individualité et leur authenticité, comme des « réceptacles du merveilleux », à savoir dans notre contexte ecclésial comme des personnes qui ont accueilli le Christ en elles ?

Cécile Guinand

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

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